Autour des langues

Mais aussi des voyages, de l’informatique et d’autres choses

L’accent tonique en russe

L’une des principales difficultés de la langue russe, c’est l’accent tonique : il est très important et il n’est pas écrit. Ce qui signifie que quand on lit un texte en russe, pour pouvoir prononcer correctement les mots, ils faut déjà les connaître. Là où ça se complique, c’est que l’accent peut se déplacer quand on décline ou conjugue les mots. Les livres pour apprendre donnent généralement très peu d’explications à ce sujet.

Heureusement, il existe des règles et avec un peu de pratique on peut arriver à deviner assez souvent ou devrait être l’accent. J’ai donc résumé tout ce que j’ai appris sur l’accent tonique en russe. J’espère que cette page aidera ceux qui apprennent le russe.

La page n’est pas tout à fait complète : si quelqu’un a des explications concernant la forme courte des adjectifs et le passé des verbes, je serai ravi.

Le centième congrès mondial d’espéranto

Comme vous le savez si vous avez ne serait-ce que survolé la page d’accueil de ce blog, je participe régulièrement à des rencontres d’espéranto. Mais je n’avais jamais participé à la plus importante : le congrès mondial d’espéranto, dont la centième édition s’est tenue à Lille, à la fin du mois de juillet.

Parfois, il me semble que le monde de l’espéranto est trop petit : je revois assez souvent les mêmes personnes. Au dernier festival du nouvel an, où la première soirée comprend traditionnellement des jeux pour faire connaissance avec les autres participants, je me suis dit « Mais j’en connais déjà au moins la moitié ! » Je me suis dit, cependant, que j’ai habituellement affaire à seulement une petite partie du monde de l’espéranto : les gens qui ont le temps, les moyens et l’envie d’aller à des festivals de jeunes en Europe centrale. Il y aurait sûrement beaucoup de nouvelles personnes au congrès mondial.

Et ça a été le cas. Certes, j’ai vu beaucoup de gens que je connaissais déjà, dont des personnes que je n’avais pas vues depuis des années et d’autres dont j’avais oublié le nom, mais la grande majorité des participants m’était inconnue. J’ai pu parler avec des gens venus de pays tels que le Népal, la République dominicaine, l’Indonésie ou le Pakistan. Il y avait aussi un grand nombre d’Asiatiques — Japonais, Coréens, Vietnamiens. Au total, il y avait 2695 participants de 82 pays.

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Pourquoi et comment apprendre le slovaque

Depuis que j’habite en Slovaquie, j’ai appris la langue locale. Je ne la parle pas couramment, mais je me débrouille bien. C’est une belle langue que j’apprécie beaucoup, mais elle est malheureusement méconnue : combien de non-Slovaques seraient capables de reconnaître du slovaque ? Je vais donc exposer quelques raisons de l’apprendre et, pour ceux qui seraient intéressés, je donnerais quelques pistes pour l’apprendre.

À quoi ça ressemble ?

Le Danube à Bratislava

Le Danube à Bratislava

À quoi ressemble le slovaque ? Au russe ? Au polonais ?

Le slovaque appartient à la famille des langues slaves occidentales, comme le tchèque et le polonais, qui sont très proches. Il est également assez proche des autres langues slaves (russe, ukrainien, serbo-croate, etc.) pour permettre un minimum de compréhension. Il n’a rien à voir avec le hongrois, qui est parlé dans le pays d’à côté mais qui appartient à une famille complètement différente : le hongrois n’est pas plus compréhensible pour un Slovaque que pour un Français. Au cours de son histoire, le slovaque a aussi emprunté des mots à l’allemand, au latin, au français, au hongrois, etc.

Le slovaque peut parfois sembler monotone (l’accent tonique n’est pas très marqué et est toujours sur la première syllabe), mais je trouve que c’est une belle langue. Les voyelles peuvent être longues ou courte, ce qui contribue au rythme des phrases. Il est difficile de décrire une langue à l’oral, écoutez plutôt l’une des chansons que je propose à la fin de cet article.

À l’écrit, le slovaque est reconnaissable parce qu’il utilise un grand nombre d’accents et pas mal de consonnes. Vous pouvez aller voir n’importe quel article de Wikipédia en slovaque pour vous faire une idée. Fait intéressant, le slovaque a le plus long alphabet parmi les langues d’Europe : 46 lettres (a á ä b c č d ď dz dž e é f g h ch i í j k l ĺ ľ m n ň o ó ô p q r ŕ s š t ť u ú v w x y ý z ž).

Pourquoi apprendre le slovaque ?

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Le Ďumbier, le plus haut sommet des Basses Tatras, l’un des massifs montagneux de Slovaquie

Je pense qu’il est inutile de lister tous les avantages d’apprendre une langue en général, mais pourquoi apprendre une langue parlée par cinq millions de personnes dans un seul pays ?

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Combien de langues tu parles ?

La dernière fois que je suis revenu en France, plusieurs personnes que je n’avais pas vues depuis longtemps et qui savent que je m’intéresse aux langues m’ont demandé « Combien de langues tu parles maintenant ? » Mais je ne peux pas répondre à cette question en annonçant simplement un nombre. J’ai commencé à expliquer que ce n’est pas aussi simple, que je ne les parle pas toutes couramment, mais des membres de ma famille qui semblent me prendre pour un génie mais qui, je crois, surestiment mes capacités m’ont dit que j’étais modeste et que je devrais mentionner des langues que j’ai étudiées à un moment ou à un autre, alors que je pourrais à peine les baragouiner aujourd’hui.

Mais ce n’est pas une question de modestie : tout dépend de ce qu’on entend par « parler une langue ».

Que veut dire « parler une langue » ?

Si vous voulez lancer une discussion sans fin parmi des polyglottes, posez-leur cette question. (Variante : que veut dire « parler une langue couramment ? ») Quand on leur demande combien de langues ils parlent, certains polyglottes répondront « aucune » ou « une » (là, je crois qu’on peut effectivement parler de modestie), d’autres n’hésiteront pas à répondre qu’ils en connaissent une dizaine, mais dans la plupart des cas vous n’aurez pas de réponse simple.

En fait, chacun semble avoir sa définition de « connaître une langue ». Pour Benny Lewis, polyglotte irlandais assez populaire chez les amateurs de langues anglophones, et souvent critiqué, entre autres à cause du titre de son blog, « parler couramment en trois mois », que beaucoup trouvent irréaliste, « parler couramment » veut dire pouvoir utiliser la langue pour vivre sa vie quotidienne sans trop de problèmes et pouvoir se faire des amis dans cette langue. Pour le linguiste français Claude Hagège, « connaître parfaitement une langue, c’est être capable de saisir des jeux de mots débités sur un ton très rapide par des usagers natifs, et la parler sans être identifié comme un étranger » (source).

Selon la définition du premier, je dois parler quatre ou cinq langues. Avec les critères du deuxième, je ne parle pas couramment anglais et très peu de gens sont capables de parler couramment une langue étrangère. Bien sûr, beaucoup de gens ont une définition entre ces deux extrêmes, mais il est de toute façon impossible de déterminer à partir de quel niveau on peut dire « je parle cette langue ».

Combien, alors ?

À la rencontre polyglotte à laquelle j’ai assisté en mai, tous les participants avaient un badge sur lequel ils pouvaient écrire la liste des langues qu’ils parlaient. J’en ai mis six, triées par niveau : le français, l’espéranto, l’anglais, le slovaque, le russe et l’allemand. Est-ce que je peux vraiment dire que je parle six langues ? Il peut être difficile de juger de manière objective son niveau dans une langue étrangère, mais voyons-les cas par cas.

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Rencontre polyglotte à Berlin

Du 1er au 4 mai, j’étais à Berlin pour une rencontre de polyglottes (Polyglot Gathering). J’y suis allé avec mon patron (ça fait bizarre de l’appeler patron mais je ne vois pas vraiment d’autre mot), en partie pour présenter notre association, mais aussi pour s’amuser.

Plus de 300 amateurs de langues du monde entier se sont réunis dans un hôtel à Berlin pour parler de langues et en plein de langues. J’ai pu parler avec plein de gens dans toutes les langues que je connais (plus ou moins bien) : le français, l’espéranto, l’anglais, le slovaque, le russe et l’allemand. J’ai été ravi de constater que je pouvais assez bien discuter en russe, mais l’état de mon allemand était encore pire que ce que je pensais. Plusieurs personnes ont dit à propos de mon accent dans plusieurs langues « Je n’aurais pas deviné que tu es français. » Je suppose que c’est un compliment.

Je parle — en utilisant une définition généreuse de « parler une langue » — seulement six langues (oui, cette rencontre est vraiment un endroit où on peut dire « Je parle seulement six langues » !), mais beaucoup de participants en parlaient plus, certains une douzaine. J’ai beaucoup apprécié d’être entouré par d’autres dingues avec lesquels on peut changer de langue plusieurs fois en pleine conversation et pour qui des mots comme « morphologie » sont parfaitement normaux.

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Des changements sur le blog

J’ai commencé ce blog il y a longtemps — en 2006, pour être plus précis. Au début, c’était juste pour essayer, comme les blogs étaient à la mode, et je parlais d’informatique et un peu de n’importe quoi. J’étais hébergé gratuitement chez Free. Au fil des années, je me suis mis à parler surtout de langues et de mes voyages, en écrivant environ un article tous les trois mois. Il y a quelques années, j’ai déménagé le blog chez un ami qui m’a gentiment prêté son serveur (merci, gros, je te fais un gâteau si tu me rends visite un jour).

Je viens de déménager le tout chez un vrai hébergeur avec un nom de domaine. J’en ai profité pour faire d’autres changements : j’ai donné un nom au blog. J’ai l’intention de rendre ce blog un peu plus public, pour que mon lectorat soit un peu plus large que deux potes et ma maman. Je vais donc essayer d’écrire un peu plus souvent (principalement au sujet des langues, comme l’indique le nom de domaine) et d’avoir un peu plus de réflexion dans mes articles. Comme j’ai écrit beaucoup de bêtises sur ce blog, surtout avant 2008, j’ai aussi courageusement censuré une bonne partie des anciens articles.

Cet hébergement va aussi me servir à publier divers petit programmes que j’ai développés et des articles que j’ai écrits à propos de la grammaire des langues que je connais et que j’apprends.

Week-end à la montagne

Un des grands avantages de mon travail actuel, c’est que je voyage beaucoup. Parfois pour le boulot, comme quand je suis allé au Danemark, mais parfois pour les vacances. Ainsi, la semaine dernière, je suis allé avec tous mes collègues à la montagne, plus précisément dans les Basses Tatras, à Liptovský Ján, village que j’avais déjà visité brièvement l’année dernière. Au programme : snowboard, spéléologie et vol en soufflerie.

Liptovský Ján

La rue principale de Liptovský Ján, avec les Tatras occidentales visibles en arrière-plan

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L’auberge slovaque

Mon volontariat en Slovaquie est terminé… et j’y reste : l’association chez qui je travaille a décidé de m’engager. Je vais pouvoir continuer à apprendre le slovaque, à voyager en Europe centrale et à travailler sur des projets intéressants. Par exemple, cet été on a organisé un cours d’espéranto en Slovaquie et en Russie, et mon association a contribué à lingvo.info, un site sur les langues d’Europe (j’ai écrit un peu de contenu et j’ai tout traduit en français et partiellement en espéranto).

Quatre nouveaux volontaires sont arrivés (de Suède, Pologne, Allemagne et Italie) : il y a donc en général sept personnes de six pays différents dans le bureau où je travaille, et on communique en espéranto.

Mon slovaque s’améliore : en novembre, nous avons présenté nos projets lors d’un salon à Bratislava sur les livres et la pédagogie ; j’ai pas mal parlé avec les gens en slovaque et certains ne se doutaient pas que j’étais étranger (il faut dire que les étrangers qui parlent slovaque sont rares).

Et en plus, ce travail me permet de voyager : en novembre, je suis allé avec deux de mes collègues à Odense, au Danemark, pour une réunion concernant lingvo.info.

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Une place à Odense

Et début décembre, je suis allé à Ljubljana pour le week-end. J’avais envie de visiter la Slovénie depuis longtemps, et effectivement, c’est un beau pays et le niveau de vie est assez élevé. Il faudra que j’y retourne un jour où il ne pleut pas, au printemps ou en été, parce que j’aimerais bien aller à Bled.

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Le centre de Ljubljana

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Voyages en Europe centrale : printemps 2014

Voici la suite de mes voyages en Slovaquie et dans les pays voisins.

Košice

À la fin du mois de mars, je suis allé à Košice pour le week-end. C’est la deuxième plus grande ville de Slovaquie, située dans l’est du pays. J’ai cherché un hôte avec Couchsurfing, et j’ai fini par trouver : une lycéenne qui habite avec sa famille en périphérie de la ville. Elle m’a très gentiment montré sa ville, pas seulement le centre, mais aussi une colline à l’écart de la ville d’où on a une belle vue et que je n’aurais pas trouvée tout seul. Et j’ai passé tout le week-end à parler presque uniquement slovaque. Je suis loin de parler couramment, mais je suis content d’avoir réussi à atteindre un niveau qui me permet d’avoir des vraies conversations.

Panorama de Košice

Panorama de Košice

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Nouveaux projets de sites

J’avais dit dans mon dernier article « la suite au prochain numéro ». En fait non, ce sera le numéro d’après.

Aujourd’hui je vais parler rapidement de deux projets de sites Internet que j’ai réalisés, l’un dans le cadre de mon volontariat et l’un à titre personnel.

Le premier est Apetito, un site de recettes végétariennes en espéranto. J’avais commencé à travailler dessus pendant mon stage il y a trois ans, personne n’avait repris le projet, et j’ai recommencé de zéro cette année. Je suis plutôt content du résultat, du point de vue des fonctionnalités (pas trop en ce qui concerne l’apparence du site, parce que je ne suis pas graphiste). Les utilisateurs peuvent proposer des recettes, mais pour le moment il n’y en a que 23 (j’ai proposé 9 d’entre elles, principalement des gâteaux).

Le deuxième est une expérience pour voir si je peux me faire un peu de blé avec la publicité : j’ai ouvert un blog en anglais sur le français familier et argotique. Je pensais que ça existait déjà, j’ai cherché un peu et je n’ai pas trouvé de site dédié à ce sujet, donc je pense qu’il y a un peu de potentiel. Maintenant il me reste la partie la plus difficile : populariser le site et améliorer son référencement. Il faut aussi que je continue à ajouter du contenu, mais j’ai encore quelques dizaines d’idées de mots et d’expressions. D’un point de vue technique, je ne me suis pas trop cassé la tête, j’ai juste utilisé WordPress et je suis hébergé chez Gandi.

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